vendredi 20 octobre 2017

Musée de Pergame à Berlin

Illustration  :  Combat  d'une  Moire avec   un  géant  . extraite   de  la grande   frise  de   l'Autel  de  Pergame  consacrée  à  une  gigantomachie  époque  hellénistique  .

Situé  sur l'ile des  Musées  , vaste complexe  culturel  de   Berlin ,  le Pergamon  doit  son   nom   à  l'Autel   de la période   hellènistique   du   IIème siécle   av. JC dont les fragments ont  été exhumés lors des  fouilles   réalisées  à  Pergame   entre 1878 et 1886.
Outre  ce  monument  capital sur  lequel   j'aimerais  revenir  plus tard  ,  le musée  propose   les collections  d'antiquités réunies depuis  plus de  300 ans.: Collection des  Antiquités  Classiques de  Berlin, Musée  des Antiquités   du  Proche-Orient et le  Musée des  Arts  Islamiques.

Sur l'île tout  près du  Pergamon,  , le  Neues Museum abrite  le   Musée  égyptien  et  une collection  de   Papyrus  ,  la  préhistoire   et la protohistoire  est  présentée  dans  un  bâtiment  spécifique  et  la collection   d''art  Byzantin  est exposée  au   Musée  Bode  Le  XIXème siécle est regroupé  dans  l'Ancienne    Galerie  nationale  qui  complète l'ensemble  des  Musées de   l'Ile  .

Ayant  eu  la chance  de  visiter  il y a quelques années   ce  complexe  artistique  je vous  propose   quelques  photos   de   modeste   qualité  et  quelques  reproductions bien   supérieures, prélevées dans   le catalogue  .

Le site  en   2012  
Il  était  alors  à  la veille   d'une  longue  période  rénovations
 





Lors  de  notre  visite  nous avons   pu  profité  du  spectacle  extraordinaire de Yadegar  Asisi.
A  l'intérieur  de  cet   énorme   cylindre   très disgracieux  il  faut bien  l'admettre,  un  immense  panorama animé conçu par une  technologie  relativement   récente  , simulait  de  façon   surprenante  une   journée,  de  l'aube  au  coucher du   soleil ,   dans l'ancienne   ville  de  Pergame  .
Inoubliable  !  
Panorama  de   Yadegar   Asisi 

Antiquités  du  proche-Orient  

Voie  processionnelle  à Babylone   et  Porte  D'Ishtar 

Babylone règne de  Nabuchodonosor II (604-532 av. JC



     





Adad le  taureau , dieu  de  l'orage  

Les  lions   en  marche   : symbole  de  la  déesse  Ishtar

Stèle  du  code  d'Hammourabi  (copie   en  plâtre de l'original  au   Musée  du  Louvre ) (photo)
et  Stèle de  donation   de terrain  (catalogue) Marbre  45 cm,  fin  du  VIIIème avJC


Collection  d'Antiquités  classiques  

Autel  de  Pergame   
Période  hellenistique  
IIème  s   av Jc



Deux  grandes  frises  :  la  plus grande   ,une gigantomachie  de   2.30m de haut  sur une  longueur   de   113m    

La seconde   plus  petite  raconte  l'histoire  de  Telephe  à l'origine   légendaire  des  rois de  Pergame  

Télèphe  était  le  fils  d'Heraclès   et  d' Augé, fille  du roi d'Arcadie.Sa naissance  révéla qu'Augé n'avait  pas respecté  ses  voeux   de chasteté  en  tant  que  prétresse  d'Athéna et elle  fut  abandonnée  en  mer  .  Télèphe  fut exposé  dans  un  milieu  sauvage, mais héraclès  prit  soin de  son  fils  .

 Epoque   hellenistique 

mercredi 4 octobre 2017

Schopenhauer et la musique , Schubert fantasy D 940

Arthur  Schopenhauer

Portrait  par  Ludwig Sigismund  Ruhl 1815

[ La  musique ] n'est donc  pas comme les autres arts, une reproduction  des Idées, mais une  reproduction  de la volonté  au même  titre que les  idées elles-mêmes. C'est  pourquoi l'influence de la musique  est  plus  puissante  et plus  pénétrante que  celle  des autres  arts;  ceux-ci n'expriment  que   l'ombre, tandis  qu'elle  parle  de  l'être.
......
Il est dans la nature de l'homme  de  former  des vœux,  de  les réaliser, d'en  former  aussitôt  de nouveaux et  ainsi  de suite,  indéfiniment;  il  n'est heureux  et calme  que  si  le passage  du   désir  à sa  réalisation  et celui  du  succès à un  nouveau  désir se  font  rapidement, car  le  retard de  l'une amène la souffrance,  et  l’absence  de l'autre  produit  une  douleur  stérile  , l'ennui. La  mélodie par essence  reproduit  tout   cela : elle erre  par  mille chemins, et s'éloigne  sans cesse du  ton  fondamental ;   elle ne va pas seulement  aux  intervalles harmoniques ,  la tierce ou  la quinte,   mais à  tous les autres degrés , comme la  septième dissonante et les intervalles  augmentés , et  elle   se termine  toujours  par  un  retour final   à  la  tonique;  tous ces écarts de la  mélodie représentent les formes diverses du  désir  humain et son  retour  à  un  son   harmonique, ou  mieux  encore  au  ton  fondamental  en  symbolise la  réalisation. Inventer  une mélodie, éclairer  par  là  le  fond  le  plus secret  de  la volonté et des sentiments  humains, telle  est l’œuvre  du  génie; ici  plus que  partout  il  agit  manifestement   en dehors de  toute  réflexion , de  toute intention   voulue. Comme  dans tous  les  arts  , ici  également, le concept  est  stérile. Le compositeur  nous révèle l'essence  intime  du  monde,  il se fait  l'interprète  de la sagesse  la plus  profonde, et dans  une   langue  que sa raison ne  comprend pas :  de  même  la somnambule dévoile, sous  l'influence  du  magnétiseur, des choses dont elle  n'a aucune  notion lorsqu'elle  est  éveillée.
.....
Ce rapport  étroit entre  la  musique  et  l'être  vrai  des choses nous explique  le fait suivant: si,  en  présence  d'un spectacle quelconque, d'une  action , d'un évènement, de quelque  circonstance , nous  percevons  les sons d'une musique appropriée, cette  musique  semble nous en  révéler  le sens le  plus  profond,  nous en  donner  l’illustration  la  plus exacte  et  la plus claire  .[...]  Elle explique  ce qu'il  y a  de  métaphysique   dans le  monde  physique, la chose  en soi  de chaque  phénomène. En conséquence le  monde pourrait être appelé une incarnation  de  la  musique  tout aussi  bien  qu'une incarnation  de   la volonté.;  nous comprenons  désormais,  comment  il  se fait  que la  musique  donne  directement  à  tout   tableau ,  à  toute  scène  de la vie ou du  monde  réel ,  un  sens  plus élevé .
Il  y a  dans  la  musique  quelque  chose  d'ineffable et  d'intime ;  aussi  passe-t-elle  près de nous  semblable  à  l'image d'un paradis  familier quoique éternellement   inaccessible; elle est  pour  nous ,  à  la fois  parfaitement intelligible et tout  à  fait  inexplicable;  cela tient à ce qu'elle nous  montre tous les  mouvements  de notre  être,  même les  plus cachés, délivrés désormais de cette réalité  qui  les   déforme  et  les  altère .
(Monde I,273.... )

Maria João Pires & Julien Libeer play Schubert Fantasy in F minor, op. 103 (live)

 Fantaisie ou  sonate  D894 et  D 940   par  david Fray 

(David Fray: Schubert piano music and duets from the album 'Fantaisie')

Démosthène

Orateur  attique   (384-322av. JC)
Grand   adversaire  de   Philippe II  de  Macédoine  ,  père  d'Alexandre
Il fut  poussé au suicide  en  322
En  280 son  neveu  lui fit  ériger   une  statue , oeuvre de   Polyeuctos
avec  cette  épigramme  sur   le  socle :

"Si  tu  avais  eu Démosthène, une force  égale  à ta  pensée, jamais  l'Arès  Macédonien   n'aurait commandé  aux Grecs".

 

lundi 25 septembre 2017

Alexandre par Lysippe

Un  Mooc*  interessant  à  Suivre :" La sculpture  grecque   d'Alexandre   à   Cléopâtre "
Les  inscriptions sont  encore  possibles et  la première  séance   promet  de belles découvertes !
D'Aigai  à  Pella  en   Macédoine (grecque) à l'hommage de  la   Basse   Égypte à Alexandre en passant   par  le  lion   assis d'Amphipolis. et  une   description  précise  de  la technique  étonnante de   moulage  du  bronze  selon  le  principe  de   la  "fonte indirecte" .
Tête d 'Alexandre  par  Lysippe

Statuette  d'Alexandre à la  lance  trouvée en  basse  Egypte
 
* organisé  par  Fun.Mooc

samedi 16 septembre 2017

Georges Jeanclos

Une découverte et  beaucoup  d'émotion !  Merci à l'ami  auquel  je dois ce partage  !
Un  document d'une qualité  rare  .

Georges Jeanclos, sculpteur d'humanité

Le  sculpteur sur  wikipedia :

"...Fortement imprégné du traumatisme du génocide juif, et plus généralement de tout le poids des souffrances et détresses humaines, de la spiritualité chrétienne (bien que Jeanclos soit issu d'une famille juive), et de toute l'épaisseur de la tendresse interindividuelle (une de ses œuvres s'appelle « Éloge des caresses ») son œuvre dégage pourtant une étrange sérénité. Dans son aspect, son art est fortement influencé par des antiques statues de terre étrusques, la plupart de ses œuvres étant faites de terre grise.
Son travail est précieux et fragile, ce que l'artiste présente lui-même comme une influence du bouddhisme Zen...."

LEOPARDI : A Silvia

Giacomo Leopardi: "A SILVIA" - Le Videopoesie di Gianni Caputo

Traduction de  René de   Ceccaty


Sylvia te souvient-il  encore 
De ce temps de  ta vie  mortelle
Quand  la beauté  resplendissait
Dans tes  yeux  rieurs et  fuyants,
Et que, pensive et  gaie  tu  gravissais
Les  premières  marches de  la  jeunesse?

Les  pièces de la  maison
Et  les rues  voisines
Résonnaient de  ton  chant  continu
Tandis qu’assise, tu  t’occupais
Aux tâches des femmes,  plus que contente
De ce  vague  souvenir que tu  avais en  tête.
C’était  le  mois de  mai  parfumé : c’est ainsi  que  d’ordinaire
Tu passais tes  journées.

Je délaissais  parfois  mes douces études
Et mes  notes  laborieuses,
Auxquelles  je  consacrais  la  meilleure   part
De mes  premières années et de   moi
Tendant  l’oreille au son de  ta  voix

Par-dessus  les balcons de la demeure  de  ton  père,
Et au bruit de  ta main rapide
Sur ton métier  à  tisser.
J’observais  le  ciel  bleu,
Les rues  dorées et  les  jardins,
D’un côté  la mer lointaine, de l’autre  la montagne.
La  langue des  mortels  ne  peut  pas exprimer
Ce que je ressentais  au  fond  de  ma  poitrine.

Quelles suaves  pensées,
Quels  espoirs,  ô  ma  Silvia,  quels cœurs  battants
Comment   nous apparaissaient   en  somme
La vie   et  le destin des  hommes !
Quand  je me  rappelle   ces  moments,
D’espérance, un sentiment
M’oppresse, poignant,  inconsolable,
Et  je souffre  à  nouveau  de mon si  grand  malheur.
Nature,  nature  impitoyable
Pourquoi n’accordes-tu  jamais,
Ce que  tu  nous  promettais ?
Et  pourquoi  réserver   à  tes  fils tant d’erreurs ?

Toi,  avant que  l’hiver  ne  dessèche  les herbes,
Par  un mal  très  étrange, assaillie  et vaincue,
Tu  périssais,  ma  pauvre  enfant.  Sans  voir s’épanouir
Les fleurs de  ta jeunesse.
Ni ton cœur  s’attendrir  sous de  douces  louanges
Pour  ta brune  chevelure ou  pour  tes yeux languides et  timides.
Nulle compagne  le  jour de  fête
Ne venait  avec toi  se  confier  sur  l’amour.
Mon  doux espoir   se  mourait
De même  en  peu  de  temps : le destin
De même   a refusé  à  ma vie
La jeunesse. Comment  hélas  tu  es  passée,
Chère compagne  de  mon jeune  âge,
Espérance  noyée  de  larmes !
C’est donc  cela  le  monde ? Cela,
Les  plaisirs,  l’amour,  les créations,  les évènements,
Dont  nous avions tant  parlé  ensemble ?
Quand  la vérité  pouvait enfin  apparaitre,
Pauvre  enfant  tu  es tombée. Et tu s indiqué
D’un geste   de la main,  la froide mort au  loin
Et  une  tombe  nue.

 

jeudi 14 septembre 2017

Alfred Deller : l'art des contre-ténors

O SOLITUDE d'Henry Purcell by Alfred Deller


Alfred Deller : né en 1912 à Margate dans le Kent , mort à Bologne en 1979 .
Il a contribué à réintroduire l' art des contre-ténors condamné par le XIX ème siécle et ressuscité des œuvres oubliées du répertoire vocal des XVI ème s. et XVII ème s.
"La tradition des contre-ténors anglais ne s'était jamais éteinte mais ne perdurait qu'au sein des chœurs d'églises " (Jacques Drillon)


" Mais enfin pourquoi la musique fonde-t-elle incessamment toute illumination ? Musique veut dire aussi bien un certain silence. De ce silence jaillit une force que recèlent les mots que nous employons le plus souvent sans les entendre.[...]
 Prenons à présent l’exemple d’un des plus grand héros du XXe siècle, qui, à lui seul, a fait une percée illuminante dans l’organisation de l’oubli : Alfred Deller, né à Margate le 31 mai 1912, mort, à l’âge de soixante-sept ans, à Bologne le 16 juillet 1979. Avec lui, le fait que la musique soit au coeur du texte, dans son rythme, et sa modulation, devient bouleversant d’évidence. René Jacobs raconte :
Sa compréhension du texte constituait d’emblée une large partie de son travail. Je me souviens comment, rien qu’en lisant le texte d’un air, il arrivait à le rendre très expressif. Avec lui chaque parole, chaque mot, chaque syllabe était intelligible. D’Alfred Deller, Gustav Leonhardt dit :
C’était un homme très gai qui n’aimait pas travailler. Pas une fois, en dehors d’une improvisation, basée uniquement sur le tempo, je ne l’ai entendu vocaliser. Il passait son temps à lire. Il ne cherchait d’ailleurs pas à émouvoir l’auditoire par sa voix, mais par les textes qu’il interprétait. Depuis, je n’ai jamais entendu un chanteur exprimer si clairement le sens des mots. Deller n’était pas seulement un grand chanteur, mais un artiste extraordinaire de naturel. Le génie qui consiste coupler, mêler, faire résonner et s’arc-bouter l’une sur l’autre musique et parole ne tombe pas du ciel à l’improviste en Angleterre au temps de Shakespeare ; il ne tombe pas non plus par hasard, beaucoup plus tard, de façon fulgurante, à travers la voix d’Alfred Deller, au moment de la plus grande catastrophe humaine — en pleine seconde guerre mondiale...[...]"Philippe  Sollers dans Illuminations :


Objecteur de conscience pendant la seconde guerre mondiale et partageant le même idéal que Benjamin Britten c'est pour lui que ce dernier écrivit le rôle d'Obéron du Songe d'une nuit d'été" .
Deller se battit toute sa vie contre l'ostracisme qui perdurait contre cet art . Il fit son emblème de la chanson de Purcell "Ô solitude"
Il lui fallut se défendre , se justifier contre les sarcasmes : "Je suis un grand gaillard de 1,88m et de 90 kilos. Je suis père de trois enfants, j'ai été un bon footballeur, bon joueur de cricket,fils d'un gymnaste professionnel, et maintenant parce que je chante avec un type de voix peu écouté depuiqs cent cinquante ans, je dois m'attendre à ne pas être considéré comme un homme véritable ! " (Jacques Drillon dans Nouvel Obs de 2004 ) . l'opinion a heureusement évolué nous dira Philippe Jaroussky ,

 Les  pièces  de Dowland,  Purcell,  Haendel constituent    son  répertoire  favori .

Alfred Deller - Music for a while - Purcell

Haendel : Alfred Deller - Ode for the Birthday of Queen Ann - Handel

Dowland :Alfred Deller performs Dowland's 'Flow my Tears'


et  je ne   saurais resister !! :  

 

Alfred Deller - Greensleeves